CANON 5D MK IV – Objectif EF 100-400 L IS II + multiplicateur 1,4
420 mm – 1/60 à f/7,1 – 12800 iso

Le brame, chez les cervidés, marque le moment des accouplements. Les cris des mâles sont destinés d’une part à attirer l’attention des femelles et d’autre part à intimider les autres cerfs du secteur afin de les tenir à l’écart de leur harem.
Ces quelques semaines permettent parfois de voir de grands cerfs qu’on rencontre rarement à d’autres périodes.
Outre les frissons qu’on peut ressentir en écoutant ces cris rauques qui résonnent et se répondent dans la forêt, c’est pour le photographe animalier un moment privilégié pour organiser des sorties prometteuses à l’aube ou au crépuscule.
C’est ainsi que je me retrouve il y a quelques jours dans les contreforts du Vercors, côté Isère : un secteur magnifique que je connais un peu, mais dans lequel je pars toutefois à l’aventure.
Il est six heures et demie lorsque je gare la voiture à la sortie d’un hameau isolé. Silence total, troublé seulement de temps à autre par le passage d’un véhicule sur la route du col.  
Le temps de m’équiper (tenue de camouflage obligatoire), de paramétrer le matériel pour des conditions de luminosité très défavorables, me voilà parti à l’aventure sur un chemin que je peux suivre grâce au faisceau de ma frontale. Ne pas faire le moindre bruit, regarder où on met les pieds afin d’éviter de faire craquer des brindilles ou rouler des cailloux, c’est une priorité.
Les premières lueurs du jour me permettent d’éteindre la lumière. Soudain, un premier cri se fait entendre, bientôt répété à intervalles irréguliers. La voix est forte, très grave, me laissant imaginer qu’il s’agit d’un beau spécimen.
Je m’installe en lisière de la forêt, au fond d’une prairie en pente raide qui s’étire dans la direction du brame. Le temps est gris, la lumière tellement faible que je dois encore augmenter la sensibilité. Mon attente se prolonge, mais l’espoir de voir descendre l’animal s’estompe peu à peu : les cris demeurent cantonnés beaucoup plus haut. Je prends la décision de grimper dans cette direction, bien conscient que je risque de me faire repérer (vue, odorat, ouïe sont des sens très développés chez les cervidés).
Parvenu tout en haut, je dois traverser une partie boisée qui va me donner accès à une autre prairie, encore plus vaste que la première. Arrêt, jumelage : malgré la végétation, il me semble deviner au loin une masse sombre près d’un bosquet.
En dépit des conditions défavorables, je parviens à cadrer ce magnifique douze cors.
M’a-t-il vu bouger, senti ? Quoi qu’il en soit, je le vois rejoindre sans précipitation la futaie voisine.

Je sais que mes clichés ne seront pas exceptionnels, mais je compte sur le matériel performant et le retraitement avec Lightroom  pour rendre utilisable ce qui restera un beau souvenir d’une sortie photo.